Homélie du P. Piotr à l’occasion de Yom HaKehilot (Soukkot 2026)


Nous vous présentons l’homélie du P. Piotr, Vicaire de Saint-Jacques, prononcée à l’occasion de la fête de Soukkot, lors de la Journée des communautés à Kiryat Yearim, le 26 septembre 2026.

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous nous réunissons le cœur rempli de gratitude pour célébrer la Fête de nos communautés du Vicariat Saint-Jacques, en ces jours joyeux de Soukkot, la fête des Tentes. Depuis soixante-dix ans, le Seigneur accompagne nos communautés sur cette terre. Comme Israël dans le désert, nous avons souvent été peu nombreux, fragiles et vulnérables, mais toujours soutenus par la présence fidèle de Dieu.

Le Livre du Lévitique nous rappelle que, pendant Soukkot, le peuple d’Israël était appelé à demeurer dans des abris temporaires, en souvenir du fait que Dieu l’avait conduit à travers le désert (Lv 23,39-43). La soukka est un signe de la fragilité humaine. Son toit est suffisamment ouvert pour permettre de voir les cieux. Elle nous enseigne que notre sécurité ne vient ni des murs, ni des institutions, ni de la force humaine, mais du Seigneur seul.

Ce thème nous conduit directement à l’Évangile d’aujourd’hui. Saint Jean nous dit que, le dernier jour, le plus solennel de la fête, Jésus se tint debout et s’écria : «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, comme dit l’Écriture : “De son cœur couleront des fleuves d’eau vive.” » (Jn 7,37).

Ces paroles furent prononcées par Jésus pendant la fête de Soukkot. À cette époque, l’une des grandes cérémonies de la fête consistait à puiser de l’eau à la piscine de Siloé et à verser cette eau dans le Temple. C’était une prière pour demander la pluie, la vie et la bénédiction de Dieu sur la terre. Au milieu de cette célébration, Jésus déclare qu’il est lui-même la véritable source d’eau vive. Il est l’accomplissement de la fête. L’eau recherchée par Israël n’est désormais plus seulement la pluie venant du ciel, mais l’Esprit Saint qui jaillit du Christ.

Comme il est beau que cet Évangile accompagne notre célébration aujourd’hui. Depuis soixante-dix ans, le Seigneur a répandu cette eau vive sur nos communautés : à travers les sacrements, la catéchèse, la prière, les innombrables actes de charité et de fidélité. Nous sommes ici parce que l’Esprit Saint n’a jamais cessé de nous guider.

Saint Paul nous rappelle dans sa Lettre aux Colossiens que le Christ est « avant toute chose, et tout subsiste en Lui ». Notre histoire, notre présent et notre avenir trouvent en Lui leur sens. Le Vicariat n’a jamais été construit par le seul effort humain. Il s’est construit parce que des générations de prêtres, de religieux et de fidèles laïcs ont permis au Christ d’agir à travers eux.

Aujourd’hui, nous rendons grâce pour tous ceux qui ont servi et qui continuent de servir le Royaume de Dieu parmi nous. Nous remercions les fondateurs de nos communautés ainsi que tous les prêtres, les religieuses et les laïcs qui ont porté cette mission au cours de ces soixante-dix années.

Nous accueillons et nous prions pour le P. Roman Savluk, qui a accepté la responsabilité des communautés russophones. Que le Seigneur bénisse son ministère et lui accorde sagesse et joie dans son service du peuple de Dieu.

Nous accueillons également le P. Francesco Ravaioli qui, avec le rabbin Oded Peles, dirigera l’Institut d’éducation juive et chrétienne. Que leur collaboration devienne une bénédiction pour le dialogue, la compréhension et l’amitié entre juifs et chrétiens sur cette terre.

Nous remercions tous ceux dont le service demeure souvent invisible : ceux qui s’investissent auprès des jeunes et des enfants, dans les week-ends pour les familles, les groupes de prière, la commission liturgique, le Comité de protection des enfants, la catéchèse, la pastorale des jeunes adultes, Vatican News en hébreu, les services administratifs, ainsi que tous les bénévoles qui offrent généreusement leur temps et leurs talents.

Par-dessus tout, nous remercions chaque membre de nos communautés et chaque prêtre qui, jour après jour, cherche à construire le Royaume de Dieu ici-bas par la prière, le service, la fidélité et l’amour.

En même temps, notre célébration ne peut nous faire oublier les souffrances de notre monde. Pendant Soukkot, Israël se souvient de son cheminement à travers le désert, un temps d’incertitude durant lequel le peuple a appris à placer sa confiance en Dieu. Aujourd’hui encore, de nombreux peuples traversent leurs propres déserts de peur, de violence et de perte.

C’est pourquoi nous prions avec ferveur pour la paix, particulièrement ici au Moyen-Orient et en Ukraine. Nous demandons au Seigneur de réconforter toutes les victimes de la guerre, de guérir les blessés, de consoler ceux qui sont dans le deuil et de guider les dirigeants et les nations sur le chemin de la justice, de la réconciliation et de la paix.

D’une manière particulière, nous prions pour les soldats, notamment ceux de nos propres communautés, qui portent le lourd fardeau de défendre et de protéger les autres. Que Dieu les garde en sécurité, les fortifie dans les moments de peur et de solitude et les ramène chez eux en paix.

Ces jours marquent également le début d’une nouvelle année scolaire. Nous confions au Seigneur tous les étudiants, les élèves, les enseignants, les éducateurs et le personnel des établissements scolaires. Que cette année soit un temps de croissance dans la connaissance, la sagesse, l’amitié et la foi. Que nos enfants et nos jeunes découvrent leurs dons et les mettent généreusement au service du bien des autres. Et que tous ceux qui les enseignent et les accompagnent soient bénis par la patience, le dévouement et la joie dans leur mission.

Alors que nous commençons cette nouvelle année pastorale, nous confions également au Seigneur le chemin qui s’ouvre devant notre Vicariat. Nous avons choisi de consacrer l’année à venir au thème de l’amour, cherchant à redécouvrir comment notre foi devient visible à travers des actes concrets.

Jésus nous enseigne que l’amour n’est pas simplement un sentiment, mais une manière de vivre. C’est pourquoi, tout au long de cette année, nous souhaitons réfléchir à la manière de grandir dans l’amour envers Dieu et envers nos frères et sœurs, y compris ceux qui parlent une autre langue, viennent d’une autre culture ou appartiennent à une autre religion.

Nous souhaitons apprendre à prendre soin de la création, dont chaque être humain fait partie, et à protéger et chérir la vie à toutes ses étapes, de la conception jusqu’à la mort naturelle.

Nous voulons approfondir notre engagement envers les pauvres, les personnes vulnérables, les migrants et tous ceux qui se trouvent en marge de la société.

Nous voulons nous demander comment nous pouvons mieux aimer nos communautés, notre Vicariat, l’Église locale en Terre Sainte et l’Église universelle.

Que cette Année de l’Amour nous aide à rendre visible, par nos paroles et nos actions, l’amour que Dieu nous a lui-même manifesté le premier.

Cette année, les paroles du pape Léon nous sont particulièrement adressées :

« N’ayez pas peur de votre petitesse. La fécondité de l’Église ne se mesure ni au nombre, ni aux structures, ni aux ressources, mais à la fidélité à l’Évangile. Une petite communauté, si elle est enracinée dans le Christ, peut être une présence précieuse : non parce qu’elle recherche le pouvoir, mais parce qu’elle sert ; non parce qu’elle s’impose, mais parce qu’elle témoigne ; non parce qu’elle répond à la violence par davantage de violence, mais parce qu’elle oppose à la force la charité. »

Ces paroles font écho à l’enseignement de la soukka. La force du peuple de Dieu ne s’est jamais trouvée dans le nombre ou le pouvoir. Elle se trouve dans la confiance. L’abri fragile de Soukkot devient un lieu de bénédiction parce que Dieu y demeure. De même, nos communautés deviennent fécondes non pas parce que nous sommes nombreux, mais parce que le Christ demeure parmi nous.

Alors que nous célébrons cette fête, renouvelons notre foi en Celui qui offre l’Eau vive. Rendons-lui grâce pour ces soixante-dix années de grâce. Et demandons le courage de poursuivre notre mission dans l’humilité et l’Espérance, confiants que l’Esprit Saint continuera de couler à travers nos communautés pour les générations à venir, afin qu’il y ait toujours davantage d’amour dans le monde.

Bonne fête et bonne Année de l’Amour ! Amen.

Kiryat Yearim, le 26 septembre 2026


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