Le 4 juin 2008, dans l'auditorium de l'Université de Haïfa, lors d'une cérémonie émouvante, sept personnalités éminentes ont reçu le doctorat honoris causa des mains du Président et du Recteur de l'Université. Parmi eux il y avait notre frère Yohanan, un des fondateurs de la communauté catholique hébréophone.

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Yohanan reçoit le doctorat

Le thème de la cérémonie était "De la Shoa à la naissance de l'Etat d'Israël". Wladyslav Bertoszewski (Ministre des Affaires Etrangères de Pologne et "Juste des Nations"), Carolyn Baum (Professeur d'ergothérapie), Marinus van Ijzendoorn (Professeur de psychologie-développement de l'enfance), Itzhak Hoffi (Ancien chef du Mossad), le rabbin Avraham Elimelech Firer (Ultra- orthodoxe Chef d'un service de santé) et June Walker (Eminente philanthrope juive américaine et éducatrice), tous ont reçu le doctorat honoris causa avec le frère Yohanan (Religieux catholique et linguiste). La cérémonie fut très digne; chaque doctorant était appelé par quelqu'un qui l'accompagnait et le présentait. Après la lecture du doctorat, chacun a dit un mot. Yohanan, rayonnant, a simplement dit: "Merci", en hébreu et en arabe.

Ceux qui ont recu le doctorat
Ceux qui ont recu le doctorat

Quand Yohanan est monté sur l'estrade, des images sur sa vie furent projetées sur un grand écran. Sur la première on le voyait à l'âge de quatre ans. Sur les suivantes, Yohanan était au travail ou au repos. Puis ce fut la photo du pape Jean-Paul II lors de sa visite à la synagogue de Rome, photo illustrant le livre écrit par Yohanan: Juifs et Chrétiens, d'hier à demain. (Cerf). La maîtresse de cérémonie expliqua que Yohanan était un  "catholique fervent, membre de la congrégation des Petits frères de Charles de Foucault", qui a vécu toute sa vie de travail en Israël. Yohanan était introduit par le professeur Arieh Levin de l'Université Hébraïque, linguiste mondialement connu. La cérémonie s'est terminée par l'hymne national, la Tikva.

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Yohanan à table avant la cérémonie
 

La cérémonie était précédée d'un repas somptueux. Quarante amis entouraient Yohanan, parmi eux une trentaine des communautés hébréophones: de Jérusalem, Haïfa, Beershéva et Tel Aviv-Jaffa.. En Yiddish il y a l'expression "Scheepp naches", signifiant, être très fier de quelqu'un, et c'était vraiment le sentiment de ceux qui entouraient Yohanan.

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Yohanan après la cérémonie avec des amis.
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Voici quel est le texte du doctorat de Yohanan : "En reconnaissance de sa personnalité caractérisée par l'amour du genre humain, du peuple juif et de la terre d'Israël, et pour l'estime du travail exceptionnel de sa vie comme lexicographe-scientifique, la recherche des dialectes arabes de la terre d'Israël et pour sa contribution à l'étude de l'Arabe et à la coexistence".

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Yohanan, nous sommes très fiers de toi.

Nous publions ici le texte qui a été publié dans le livret de la cérémonie.

Yohanan Elihaï

Naît à Paris en 1926 dans une famille catholique sous le nom de Jean Leroy. Il fait ses études au collège de Versailles et commence seul l'étude de l'Arabe. la Libération de Paris des Allemands en 1945, lui fait découvrir les images de l'Holocauste et il commence à s'interesser au peuple juif et au sionisme.

Dans le cadre du service militaire, il est envoyé au Liban (1946-1947) pour y enseigner le Français. Pendant cette période, il apprend l'Arabe et fait un pèlerinage à Jérusalem. Après le Liban et durant les années 50 il étudie la philosophie, la théologie, la bible et l'histoire au studium des frères Dominicains de Toulouse en France. Après plusieurs visites en Israël, il s'y installe en 1956. En 1960 il reçoit la nationalité israélienne et prend le nom de Yohanan Elihaï (« Jean Mon Dieu est vivant »).

Le frère Yohanan est membre d'une petite congrégation catholique dont les membres vivent modestement, sans signe distinctif, de leur travail. Yohanan a travaillé comme céramiste, avec entre autre, l'artiste Aharon Kahane qui a réalisé le Hall du souvenir à Yad Va Shem, et plus tard il a travaillé comme imprimeur.

A côté de son travail, le frère Yohanan a commencé à œuvrer sur son projet linguistique pionnier de lexicographie et d’enseignement de l'Arabe palestinien. Pendant qu'il habitait à Tarshiha en Galilée (1965-1967), il a écrit une méthode pour apprendre l'Arabe aux personnes de langue française, méthode qui plus tard a été traduite en Anglais. Son travail linguistique a pris de l'essor après la Guerre de six jours, pendant ses visites à Jérusalem-Est. Au début des années 70 il a fait un dictionnaire français-arabe de conversation, qui a été publié en Israël et à Paris, un dictionnaire pour les gens de langue arabe, et un cours de conversation en Arabe palestinien, comprenant quatre volumes et cinq disques, publié en 1979 avec l'aide du professeur Haïm Blanc, décédé, expert renommé en dialectes de l'Université Hébraïque. En 2006 il a publié un dictionnaire arabe-anglais: Olive tree dictionary.

Le frère Yohanan est un lexicographe qui a parcouru les villes et les villages d'Israël. Son travail assidu, scientifique et précis exprime son amour de l'Arabe et de l'Hébreu. Bien que son travail ait été fait hors des murs de l'Académie, il a reçu l’encouragement enthousiaste de cette dernière. Le frère Yohanan Elihaï est un (le) premier lexicographe de l'Arabe avec ses dialectes palestiniens d'Israël. Son œuvre comprend aussi un manuel des verbes hébreux destiné à l’usage de ceux qui parlent Russe, "To live, work and be happy in hebrew", qui plus tard a été traduit en Français et un petit livre en Arabe-Hébreu avec la terminologie médicale pour les médecins et les infirmières.

Il a également écrit une étude historique des relations entre Juifs et Chrétiens, "Juifs et Chrétiens d'hier à demain", qui a été publiée en trois éditions et traduite en Italien, Polonais et Russe.

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