Son bras gauche est sous ma tête et sa droite m’étreint (Cantique des cantiques 2 :6)


Le Père Benny nous partage quelques pensées


En 1944 s’est tenue aux USA une expérience qui a impliqué 40 nouveaux nés. 20 d’entre eux n’ont reçu que les besoins de base : nourriture, bain, changement de couches … et rien d’autre. Les infirmières n’avaient pas le droit de les toucher plus que pour ce qui était nécessaire pour ces actions ordinaires. Après 4 mois, la moitié des enfants sont morts, en bonne santé physique. Quelques autres seraient morts rapidement après l’arrêt de l’expérience.

Les 20 autres bébés ont reçu tous les soins de base nécessaires mais en plus toute l’affection et les contacts physiques dont ils avaient besoin. Aucun d’eux n’est mort.

Cette histoire triste nous enseigne que, comme humains, nous sommes faits pour les relations, les contacts, les échanges émotionnels et le partage. Ces choses ne sont pas superflues, nous ne pouvons pas survivre sans elles.

Et je pense que c’est pourquoi, pendant cette terrible pandémie du Covid 19, nous nous sentons profondément tristes et insatisfaits, parce que nous sommes privés du plus basique de nos besoins : le contact humain.


Il y a quelques jours, j’ai vu, dans un journal, une image prise dans un hôpital Italien, dans lequel des rideaux en nylon avaient été installés pour permettre aux gens de « s’embrasser ». Sur cette image j’ai vu une vieille mère s’accrochant à la joue de sa fille à travers le matériau en plastique. Cela vous brisait le cœur. J’y ai tellement vu ce besoin profond de la personne aimée, dans ce désir d’un contact physique pour laisser couler la vie. J’ai pensé à tous ceux qui vivent seuls, abandonnés ou oubliés…les vies de ces gens pour qui le Covid 19 n’a pas changé beaucoup, puisqu’ils ont toujours été en confinement. Je pense à ces pauvres gens qui sont incapables de communiquer leurs sentiments et les gardent tous à l’intérieur et les remettent à plus tard… Ceux qui, tout le temps, regrettent de devoir renoncer au beau privilège de dire : « Je t’aime », « tu me manques », « je suis désolé »…


J’ai pensé à ceux qui ont perdu un être cher alors qu’ ils en étaient distants, pour une raison ou pour une autre, et ils sont maintenant tourmentés en pensant que « si seulement… J’ai pensé à ceux qui sont morts seuls, séparés de leurs plus chers amis dans le moment le plus grave de la vie d’un homme. ..

Et j’avais envie de pleurer.


Aide nous, Père, à faire attention à la brièveté de notre vie. A la vivre avec intensité et tout son sens. Aide-nous à ne rien considérer pour acquis. Aide-nous à dire ce que nous voulons dire, à signifier ce que nous disons, et non pas dire ce que cela signifie. Enseigne-nous, Dieu de vie, Dieu d’amour à être des canaux d’amour chaque jour de nos vies. Enlève de nous toute peur, tout embarras, toute hésitation ou toute honte. Laisse-nous exprimer la vocation la plus profonde que nous partageons tous : aimer et recevoir l’amour.  

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