Lors de la fête de Saint Antoine de Padoue, on lit un extrait de l’une de ses homélies. Eran a traduit ce texte en hébreu, en mémoire d’Aldenir Cerquiera, mère de Viviane, décédée le 12 juin 2013, veille de la fête.

Les actes parlent plus fort que les mots

L’homme qui est rempli d’Esprit Saint parle différentes langues. Ces différentes langues sont différentes manières de rendre témoignage au Christ ; ce sont par exemple l’humilité, la patience et l’obéissance ; nous parlons en ces langues lorsque nous révélons en nous-mêmes ces vertus pour d’autres. Nous sommes pleins de mots mais vides d’actes, c’est pourquoi nous sommes maudits par le Seigneur, puisqu’il maudit lui-même le figuier lorsqu’il n’y trouva pas de fruits mais seulement des feuilles. Grégoire dit : « Une loi oblige celui qui prêche, et lui enjoint de mettre en pratique ce qu’il prêche. » Il est inutile à un homme de faire étalage de sa connaissance de la loi s’il saborde son propre enseignement par ses actions.

Cependant les apôtres ne parlaient qu’en tant que l’Esprit leur donnait le don de parole. Heureux l’homme dont les paroles ne procèdent pas de lui-même, mais de l’Esprit Saint ! Car il est des hommes qui parlent selon ce que leur propre caractère leur dicte, mais qui volent les mots des autres et les présentent comme les leurs propres, et qui s’en attribuent le mérite. Le Seigneur se rapporte à de tels hommes, et à ceux qui leur ressemblent, comme dans Jérémie : « Voici, dit l’Éternel, j’en veux aux prophètes qui volent mes paroles chacun à son prochain. Voici, dit l’Éternel, j’en veux aux prophètes qui usent de leur langue, et disent: Il dit.Voici, dit l’Éternel, j’en veux à ceux qui prophétisent des songes faux, et qui les récitent, et font errer mon peuple par leurs mensonges et par leurs vanteries; et moi je ne les ai pas envoyés, et je ne leur ai pas donné de commandement; et ils ne profiteront de rien à ce peuple, dit l’Éternel. » (Jr 23 :30-32)

Nous devrions donc parler seulement en tant que l’Esprit Saint nous donne le don de parole. Notre humble et sincère requête à l’Esprit pour nous-mêmes devrait être que nous puissions porter le jour de la Pentecôte à son accomplissement, dans la mesure où il nous infuse sa grâce, en usant de nos sens corporels de manière parfaite et en gardant les commandements. De même nous devons demander d’être emplis d’un sens aigu du chagrin et pourvus d’une langue brûlante pour confesser la foi, de façon que notre récompense méritée puisse être de se tenir dans la splendeur flamboyante des saints et de contempler le Dieu un et trine.