Hanna Kleinberger fut pendant plus de 40 ans membre de la kehilla de Jérusalem, contribuant beaucoup à la vie de la communauté. Elle a remis l’esprit le 6 août 2012.

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Hanna est née à Anvers en Belgique, le 8 décembre 1924. Elle était l’aînée de trois enfants, dans une famille juive d’origine polonaise qui avait émigré en Belgique.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Hanna et les autres membres de la famille durent se cacher dans différent couvents. Hanna put même terminer ses études d’infirmière. Alors que la Belgique venait d’être libérée de l’occupation allemande, avant que la famille ne fût réunie, sa mère mourut. Quelques mois plus tard, Hanna rejoignit sa sœur et toutes deux furent baptisées dans l’église catholique.

Au bout de quelques années, Hanna entra dans la congrégation religieuse des Sœurs de la Charité de Namur, à laquelle elle appartint jusqu’à sa mort. En tant que religieuse et infirmière, elle partit pour le Zaïre où elle servit durant 13 ans. Elle aima beaucoup l’Afrique et les Africains.

Lors d’une courte visite en terre d’Israël, Hanna eut l’occasion de participer à une retraite avec les Petites Sœurs de Jésus, dirigée par le Père Daniel Rufeisen, ainsi qu’à leur prière. A ce moment, elle sentit que le temps était venu pour elle de demander l’autorisation de vivre en Israël. Contre toute attente, ses responsables donnèrent leur accord, et Hanna monta en Terre d’Israël en 1970.

Après de courtes études à l’oulpan (petite fille, elle avait déjà appris l’hébreu), Hanna put trouver du travail comme infirmière à l’hôpital Hadassah de Jérusalem. La directrice de l’école d’infirmière, connaissant les capacités et la compétence de Hanna, lui demanda d’aider à la formation des infirmières, et même de servir de déléguée pour certaines zones. Lorsque l’état d’Israël décida d'aider dans la fondation d'un hôpital à Kinshasa, capitale du Zaïre, et d’y envoyer un médecin et des infirmières, Hanna, qui s’était déjà retirée de son activité professionnelle, demanda à partir comme volontaire et fut acceptée. Elle fut chaleureusement accueillie par ses sœurs religieuses et par ses élèves infirmières, qui étaient déjà devenues mères de famille et enseignantes. Elle eut la joie de travailler pendant 6 mois avec l’équipe du Zaïre et avec le médecin israélien. Lors de son enterrement, la directrice de l’école d’infirmière lui a rendu un hommage chaleureux et émouvant, en témoignant d’elle telle qu’elle avait connue.

Au cours de ses dernières années, et en particulier pendant les derniers mois, Hanna a du renoncer à beaucoup de choses. Elle a perdu tout ce qu’elle avait, tout ce qu’elle savait, tout ce qu’elle était capable de faire. Elle a pourtant gardé presque jusqu’à la fin son beau sourire.

Hanna était un don pour toute sa famille. De même elle était un don précieux pour la kehilla de Jérusalem en particulier, et pour toutes les kehillot d’Israël.

Moritz, qui est volontaire à Yad Vashem ainsi qu’à l’hôpital français, où Hanna a passé ses derniers jours, a découvert des traces de Hanna à Yad Vashem. Elle a contribué à la reconnaissance de quatre personnes comme Justes Parmi les Nations : des religieuses qui l’aidèrent à se sauver des nazis avec d’autres jeunes filles juives : Soeur Madeleine Herbecq, Soeur Germaine Bribosia, Soeur Madeleine Moguet et Soeur Emilie (Catherine) Yvens. Le père André Meunier, qui participa avec la mère de Hanna au sauvetage de nombreux Juifs, a été, lui également reconnu par Yad VaShem.

Une des personnes à avoir le mieux connu Hanna est le Frère Yohanan Elihaï, qui écrit : « Elle apportait à la kehilla sa foi calme et sa connaissance de l’histoire de l’Eglise, qui s’exprimait lorsqu’elle prenait la parole, ainsi que dans les conférences qu’elle donnait parfois. Je me souviens d’elle comme d’une femme d’une grande profondeur spirituelle et intellectuelle, mais tout à la fois comme d’une femme simple, délicate, considérant chacun avec respect. »

Le Père Francesco Rossi di Gasperis SJ, après avoir entendu la nouvelle de la mort de Hanna, a écrit :

''Hanna est partie aujourd'hui contempler la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ. C'est une grâce pour toute la kehila car la parole du Père sur l'identité du Fils, dans la Transfiguration est adressée aux disciples qui probablement doutaient encore sur la divinité de Jésus.

Hanna n'a jamais douté de cette connaissance - je peux en témoigner - et je suis sûr qu'aujourd'hui elle pourra tous vous confirmer dans votre foi.

Elle a été une vraie juive, une vraie israélienne, une vraie chrétienne et une catholique authentique. J'ai toujours remercié le Seigneur pour sa fidélité et son amour pour l'Eglise. Comme telle je l'ai toujours connue et aimée et pour cela en priant avec elle et avec vous, Je remercie le Seigneur de nous l'avoir donnée''

Que son souvenir soit source de bénédiction !

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Hanna Kleinberger avec Rina Geftman