Le 14 septembre, l’Eglise catholique célèbre la Fête de l’Exaltation de la Croix. La croix, affreux instrument de mise à mort à l’époque romaine, devient la clef de la vie éternelle par la mort et la résurrection de Jésus Christ. La fête est célébrée exactement 40 jours après la Fête de la Transfiguration (le 6 août).

exaltation_cross

La tradition chrétienne établit un rapprochement entre le bois de la Croix et le bois de l’Arbre de la Connaissance ou de l’Arbre de Vie au jardin d’Eden. Par l’Arbre du jardin d’Eden, la mort est entrée dans le monde, à cause de la transgression de l’homme, qui a mangé de son fruit ; et par le bois de la Croix, la vie a vaincu la mort, grâce au Christ obéissant jusqu’à la mort sur la Croix. Le premier Adam s’est caché dans les bois, parmi les arbres du Jardin, lorsqu’il a entendu Dieu s’y promener, ainsi qu’il est écrit : « l’homme et sa femme se cachèrent devant le Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin » (Genèse 3 :8). Il s’est caché parce que le péché avait fait entrer en son âme la peur de se trouver devant Dieu – péché, peur, mort, ont alors pris leur empire sur l’être humain. Jésus en revanche ne s’est pas caché – il s’est laissé saisir par la force du péché humain – et on l’a pendu au bois de la Croix, l’élevant afin qu tous puissent le voir, ainsi qu’il est écrit : « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice. » (I Pierre 2:24)

La Croix est également comparée à l’Arche de Noé, qui était faite de bois (et tous ceux qui y avaient trouvé refuge furent sauvés des eaux du Déluge), ainsi qu’il est écrit : « L’avènement du Fils de l’Homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. » (Mt 24:37). Elle est aussi comparée au bâton avec lequel Moïse accomplit signes et prodiges, et avec lequel il guida le peuple.

On peut aussi voir dans la Croix une sukkah (tente, tabernacle ou cabane). À la place des tentes (sukkot) que Pierre proposait d’ériger pour Jésus et les prophètes, Moïse et Elie, sur la haute montagne où Jésus venait d’être transfiguré (la fête de la Transfiguration étant d’ailleurs célébrée exactement 40 jours avant la Fête de l’Exaltation de la Croix), la Croix de Jésus constitue la vraie sukkah de celui qui croit en Jésus, et cherche refuge auprès d’elle dans sa fuite du péché. À l’ombre de la Croix, celui qui croit en Jésus tient son regard fixé sur le Fils de l’Homme, qui obéit totalement à la volonté de son Père céleste.

La Fête de la Croix trouve son origine dans la dédicace de l’Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem (église de la Résurrection). Le 14 septembre 335, selon la tradition chrétienne, l’impératrice Hélène, mère de l’Empereur Constantin, qui reconnut le Christianisme comme religion légitime de l’Empire Byzantin après des siècles de persécution, a découvert la Croix de Jésus à l’endroit où elle faisait bâtir l’Eglise. Ses ouvriers, en creusant le sol à cet endroit, trouvèrent trois croix, et elle arriva à identifier parmi elles la croix de Jésus grâce aux pouvoirs miraculeux qui en émanaient. Un récit raconte qu’un cortège funèbre passait au moment où l’on creusait ; l’Impératrice ordonna à ses hommes d’étendre le corps du mort sur la Croix, et il se releva pour une vie nouvelle. L’église, construite sur le lieu de la crucifixion de Jésus et de sa résurrection est une sukkah au cœur de Jérusalem pour tous ceux qui cherchent refuge à l’ombre de la Croix, et qui tournent leur visage vers la gloire du Messie ressuscité d’entre les morts.